14 novembre 2007
El ciego y el cazador
Apres plusieurs mois de préparation des décors et des costumes et plusieurs semaines de répétitions intensives, Amer, Dante et Mario ont présenté EL CIEGO Y EL CAZADOR devant un public de 80 personnes environ. J’avoue que je suis passée par des moments de doutes, quand les répétitions se transformées en grand n’importe quoi, que l’aveugle se mettait a marcher comme un voyant, que le chasseur oubliait de chasser ou que la sœur se mettait a accuser le frère de ne pas savoir son texte. Une heure avant j’en étais encore à leur donner des conseils qu’ils n’écoutaient déjà plus depuis un bon bout de temps. Eux tout ce qu’ils attendaient c’était le moment ou dans la pièce ils allaient manger, pour de vrai, un huitième de poulet chacun !!!
Mais tout s’est finalement très bien passé, ils ont été superbes, n’ont pas oublié de ne pas tourner le dos au public, de parler fort, de sortir de la cabane quand il fallait sortir, de rentrer quand il fallait rentrer… Et surtout, ils étaient tellement fiers, conscient des progrès énormes qu’ils avaient fait, de l’admiration de leurs amis et de la mienne aussi.
Amer, El ciego (l'aveugle)
Mario, el Cazador (le chasseur)
Du coup le dimanche je les ais emmené voir une pièce de Théâtre a Lima avant d’aller manger du poulet dans une polleria. Ils étaient aux anges. Ils ont profité des toilettes du théâtre pour se laver les cheveux à l’eau et au savon, ils auraient pris une douche si on ne les avait pas arrêtés !!! Ensuite ils ont assisté à la pièce avant de me faire une véritable analyse du jeu des acteurs en fonction de leur propre expérience de comédiens !! Des vocations sont nées !! Depuis ils me demandent tous les jours quand est-ce qu’on va rejouer la pièce !! Vraiment je suis épatée, étonnée du résultat final quand je regarde les premières répétitions, ébahis devant cette force qu’ils ont quand ils décident de se donner a fond, amusée de les attendre craner devant leurs amis, émue de les entendre en redemander. Bref je me lance dans la deuxième pièce de théâtre : La légende du roi Arthur…
02 novembre 2007
Retour au boulot
Apres trois semaines d’absence je retrouve le centre et les enfants. Au passage je m’arrête le W.E chez des amis et le dimanche on a le droit de vivre en direct le grand recensement national : interdiction absolue de sortir de chez soi de minuit a 18H. La veille la ville grouille de monde, les magasins sont animés de cette agitation des veilles de noël, tout le monde fait ses réserves, a croire que ce dimanche va durer plutôt trois semaines que 24H !! Et puis finalement le dimanche se passe tranquillement, pour une fois les Péruviens ont obéis et de la porte j’admire les rues désertes de Lima. Les questions posées par les recenseurs montrent bien en tout cas la réalité du Pérou :
Où vivez vous :
Une maison
Une ruelle
Une cabane
Une hutte
Un terrain à bâtir
Un local non destiné a une habitation humaine
Quel est le matériau principal de votre maison :
Brique
Bois
Paille
Avez-vous l’eau courante ?
Si oui, Combien de jour par semaine
Combien d’heure par jour
Pour les filles de plus de 12 ans, Combien d’enfants avez-vous
….
Lundi retour au centre. Les petits me sautent dans les bras, les plus grands me sortent des phrases du genre :
- Tu m’as manqué, j’ai pensé a toi tous les jours, ou
- J’ai beaucoup pleuré, j’ai cru que tu nous avais abandonné.
Quelle bande de menteur.
Et la vie reprend, avec quelque nouveaux, quelques enfants en moins aussi. On se met sérieusement au boulot pour le théâtre avec les difficultés que je craignais : les enfants qui se démotivent devant le travail a fournir ou qui refusent absolument de jouer la femme du chasseur, une femme, berk !!! Bref le groupe initial a été quelque peu modifié mais on devrait jouer la semaine prochaine. En même temps j’en ai parlé beaucoup avec les autres professeurs qui me racontent la même chose. Les enfants sont toujours volontaires, il suffit que je dise :
- Qui veut… et j’ai 90 doigts qui se lèvent mais ensuite ils ont du mal a aller jusqu’au bout des choses. Je suppose que finalement c’est un peu la même chose partout.
La serre avance, doucement, tranquillement, Péruviennement mais apres tout on a encore le temps.
Et le reste continue également.
La vie ici réserve aussi des moments plus difficiles comme la prof de peinture, une personne formidable, un modèle d’amour et de tendresse qui vient pleurer sur mon épaule parce que ses deux petites filles sont décédées.
Et parfois des moments magiques comme le baptême de 5 jeunes, chemise blanche, cravate, qu’est ce qu’ils sont fiers et beaux !!
Ou alors une fête d’anniversaire chez le gratin péruvien avec un jardin transformé en discothèque. !!!
Ou encore la fête de l'école de certains enfants avec des danses typiques de la costa, de la sierra et de la selva.
Et nos longues discussions le soir avec Mathilde une autre volontaire, sur la vie ici, la vie en France et la vie tout court !!!
Bref on passe du tout au tout mais chaque instant est a prendre a bras le corps, pour le vivre au mieux, parce qu’il est uniqe.























